Ce sont les deux chiffres qui déterminent ce qu'une caméra thermique peut réellement faire. Presque personne ne les explique, et ils tirent souvent dans des directions opposées.
Le NETD, ou la capacité à distinguer deux températures proches
Le NETD s'exprime en millikelvins. Un NETD de 40 mK signifie que le capteur distingue deux surfaces dont les températures diffèrent de 0,04 °C. En dessous de cet écart, la différence se noie dans le bruit du détecteur.
Plus le chiffre est petit, meilleure est la sensibilité.
Un écart de 0,08 °C sur un mur, vu par trois capteurs



Même scène, même résolution : seul le bruit du détecteur change.
Une précision indispensable : un NETD sans ses conditions de mesure ne veut rien dire. La valeur dépend de la température de la scène et de l'ouverture de l'objectif. Les constructeurs sérieux écrivent « < 40 mK à 25 °C, F/1.0 ». Ceux qui annoncent « < 40 mK » tout court ne permettent aucune comparaison.
Un détail que nous avons relevé sur trois appareils de la base : le HIKMICRO Pocket2, l'InfiRay P2 Pro et le HIKMICRO E1L annoncent un NETD spécifié à F/1.0 alors que leur objectif ouvre à F/1.1. La sensibilité réelle est donc inférieure à la valeur affichée.
L'IFOV, ou la capacité à voir petit
L'IFOV s'exprime en milliradians et désigne l'angle couvert par un seul pixel. Il se calcule en divisant le champ de vision par le nombre de colonnes du capteur, ce qui permet de vérifier la valeur annoncée par un constructeur.
Sa traduction pratique est immédiate : multipliez l'IFOV par la distance en mètres, vous obtenez la taille du plus petit détail visible en millimètres.
À cinq mètres, un HIKMICRO G40 à 0,68 mrad distingue un objet de 3,4 mm. Un Bosch GTC 400 C à 5,78 mrad ne descend pas sous 29 mm. Sur un tableau électrique observé à distance de sécurité, le premier lit un bornier, le second voit une tache.
Et attention : voir un objet ne veut pas dire pouvoir le mesurer. Une mesure fiable demande que la cible couvre plusieurs pixels, en pratique trois fois l'IFOV.
Pourquoi les deux critères s'opposent
À capteur donné, un champ de vision étroit améliore l'IFOV et restreint la zone couverte. Un champ large fait l'inverse. Augmenter le nombre de pixels améliore l'IFOV mais réduit la surface de chaque détecteur, donc la quantité de rayonnement captée, donc la sensibilité.
Deux appareils de notre base illustrent l'arbitrage jusqu'à la caricature.
| Appareil | NETD | IFOV | Point fort |
|---|---|---|---|
| Seek CompactPRO | 70 mK | 1,75 mrad | voit petit, sent mal |
| Fluke Ti401 PRO | 75 mK | 0,93 mrad | voit très petit, sent mal |
| HIKMICRO B20 | 40 mK | 3,41 mrad | sent bien, voit gros |
| FOTRIC 346A | 30 mK | 1,14 mrad | les deux, au prix fort |
Le Fluke, qui figure parmi les appareils les plus chers du marché, a le plus mauvais NETD de tous les modèles professionnels de notre base. Ce n'est pas un défaut : c'est un choix, cohérent avec son marché, la maintenance électrique industrielle, où l'on cherche un point chaud franc sur un petit composant.
Lequel privilégier selon votre métier
Détection de fuites, humidité, ponts thermiques : le NETD domine. Vous cherchez des écarts de quelques dixièmes de degré sur de grandes surfaces. Un mur froid derrière un défaut d'isolation, une remontée capillaire, un plancher chauffant. Visez 40 mK ou mieux. L'IFOV importe peu, vous êtes à deux mètres du mur.
Électricité, tableaux, armoires : l'IFOV domine. Vous observez de petits composants à distance de sécurité. Les écarts sont francs, souvent plusieurs dizaines de degrés. Visez 2 mrad ou mieux, et vérifiez la taille de spot à votre distance de travail.
Diagnostic bâtiment complet : les deux, avec priorité au NETD. Vous alternez entre façades, menuiseries et tableaux.
Réparation électronique : ni l'un ni l'autre, ou presque. Vous êtes à trois centimètres d'une carte. Ce qui compte, c'est l'existence d'un objectif macro et la plus petite surface réellement mesurable.
Ce que fait notre comparateur
Chaque appareil reçoit une note par usage, avec des pondérations publiées. Le NETD pèse 50 % de la famille capteur en détection de fuites, contre 25 % en photovoltaïque. L'IFOV pèse 65 % de la famille optique en photovoltaïque, contre 5 % en réparation électronique.
Et vous pouvez déplacer vous-même les curseurs si votre métier ne rentre dans aucune case. Ouvrir le comparateur.
Toutes les valeurs citées proviennent des fiches techniques constructeurs et des sources listées sur chaque fiche produit. Aucune donnée n'est estimée.